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Le dispositif "Gaïa" comporte trois volets :

* "Tous aux abris (à biodiversité, bien sûr !)", centré sur l'utilité de la régénération de la biodiversité en milieu urbain),

* "Un homme avisé prend soin de ses douilles (de chasse, bien sûr !)", centré sur le ramassage et le recyclage des douilles en milieu rural pour éviter la pollution des terroirs),

* "Cap sur la citoyenneté et le territoire, l'avenir est entre nos mains", (centré sur la gestion des territoires emboîtés que lesquels nous pouvons exercer nos droits et devoirs de citoyens et sur les trésors technologiques et les innovations en matière de construction, de transports, de cultures, de gestion territoriale et littorale...).

Ce dispositif "Gaïa" est financé par les collectivités territoriales et agréé par l'éducation nationale et la cohésion sociale. Il vise à mettre en place des ateliers d'activités partant du patrimoine naturel, culturel et scientifique pour aller vers des solutions innovantes face à la transition climatique, environnementale, énergétique, économique, technologique et sociale en cours. Ces ateliers expérimenteront des pratiques plus responsables et plus durables à tous échelons et dans toute branche d'activité. Ils s'adressent non seulement aux publics que nous touchions déjà (jeunes, adultes intéressés) mais aussi et surtout avec ceux que ce type de questions interroge, mais n'est généralement pas touchés par l'"EEDD": décideurs économiques, sociaux et politiques, usagers des espaces naturels (terrestres, littoraux ou maritimes), agents de surveillance et d'entretien...à tous publics.

Avec eux nous passerons de la pelouse rase mais stérile, chlorée, polluant la nappe phréatique et inutile en termes de pollinisation, de la plage aseptisée mais vulnérable à l'érosion, du talus que plus aucune racine ne retient de glisser sur la voie sous la pluie, à une gestion concertée et rationnelle des territoires.

L'avenir dépend des ressources, des besoins, des incontournables lois physiques, physiques et biologiques (qui, contrairement aux lois humaines et aux relations politiques, ne sont pas négociables ), de l'environnement dans lequel nous vivons (le plus intime des environnements, c'est notre propre organisme ; le plus indispensable, c'est la planète Terre ; entre les deux s'échelonnent nos territoires emboîtés ).

L'environnement n'est donc pas une option, quelque part entre les loisirs, l'économie, la santé, l'éducation. C'est la condition sine qua non de notre survie dans ces territoires emboîtés. L'environnement peut parfaitement se passer de nous : c'est nous qui ne pouvons pas nous passer de lui. Il faut une sacrée coupure avec les réalités, pour penser l'environnement en termes optionnels. Toute une éducation est à acquérir.

Notre fil directeur est le développement d'une vision globale, synthétique, systémique, bref une vision d'ensemble des problématiques d'un territoire, où les citoyens puissent s'impliquer, pour ne plus subir des changements sans les comprendre, sans avoir prise sur notre avenir.

À notre époque où les connaissances s'acquièrent surtout par "focus" et nos capacités se développent surtout pour reproduire le monde tel qu'il est (alors qu'il a plus que jamais besoin d'innover, de s'adapter, de sortir des sentiers battus), nous prendrons ensemble de l'altitude, sortirons la tête du guidon et regarderons au-delà du prochain rond-point.

Voilà pourquoi l'EEDD (éducation à l'environnement et au développement durable) n'est pas une amusette pour ch'tits enfants ni une activité d'animation pour clubs-nature, mais un enjeu fondamental pour devenir capables de relever les défis de l'avenir.

La culture naturaliste, une clef de l'avenir.

La "culture naturaliste", ce n'est pas seulement l'amour et la connaissance de la biosphère et de la biodiversité, dans lesquels nous vivons et dont nous dépendons. C'est aussi une clef pour comprendre le monde dans lequel nous vivons, pour en préserver les ressources et pour ne pas nous retrouver exclus par la sélection naturelle (car contrairement aux banques, aux diplomates, aux militaires, aux élus ou aux chefs d'entreprise, la nature, elle, ne négocie pas !)

La "culture naturaliste", c'est l'amour et la connaissance de la biosphère et de la biodiversité, mais au-delà de celles-ci, c'est de la culture scientifique non-séparée de la culture tout court, c'est une mutualisation participative des connaissances scientifiques et techniques, c'est de l'éducation à des modes de vie soutenables et durables, c'est la citoyenneté sur la planète.

C'est une démarche globale permettant à chacune et chacun, petit ou grand, de se situer dans l'espace-temps naturel et culturel de notre réalité, entre passé, présent et futur... entre ciel et Terre... entre idées, croyances et réalités... entre métiers et loisirs... pour pouvoir choisir le plus en "connaissance de cause" possible les orientations de sa vie, plutôt que la subir...

Voici notre argumentaire en quatre points :

1)- Existe-t-il des “sciences molles” ? Il n'y a ni "sciences dures" ni "sciences molles", ni "sciences exactes" ni "sciences inexactes" : on est dans la démarche scientifique ou bien on ne l'est pas. Les sciences de la vie, et surtout les sciences sociales et humaines, paraît-il, ne seraient pas exactes, expérimentales ni vérifiables, alors qu'en réalité leurs méthodes sont les mêmes que celles des sciences mathématiques, de l'univers et de la terre, et que leurs hypothèses ne sont ni plus audacieuses ni plus ardues que celles des astrophysiciens dont les fameuses "énergie noire" et "matière noire" sont comme Dieu : invisibles, indétectables, impossibles à mesurer, expliquant tout ce que nous ne comprenons pas, omniprésentes et sous-tendant toute l'architecture de l'Univers. On sait moins que cette distinction entre "sound science" et "junk science" est née dans les années 1950 parmi les communicants du grand tabatier "Marlboro" en butte aux critiques des chercheurs : les "sound studies" (études "dures", ou "exactes") seraient celles qui démontrent l'innocuité du tabac, les "junk studies" (études "molles" ou "inexactes") celles qui en démontrent la dangerosité. Cette stratégie, décryptée par Naomi Oreskes, de Harvard, dans son livre "Les marchands de doute" (Pommier) s'est ensuite répandue comme une traînée de poudre chez tous les grands industriels des carburants, chimiques, automobiles, pharmaceutiques ou énergétiques… Le résultat a été que la science elle-même est mise en doute, surtout lorsqu'elle ose aborder les fondamentaux (lois physiques, chimiques et biologiques) qui ont des conséquences éthiques, et sortir des sentiers battus des applications pratiques…

2)- Les quatre "étapes" de l'EEDD sont indissociables, et correspondent à quatre phases du développement de l'être humain :

* l'émerveillement pour les tout-petits, par l'approche sensorielle et la familiarisation, antidote des phobies irrationnelles que, sans cela, ils risquent de "traîner" en tant qu'adultes (et qui leur feront prendre des décisions irrationnelles en matière de gestion de leurs vies, de leurs foyers, de leur consommation, de leur territoire)... sans émerveillement, aucune sensibilisation n'est possible !

* la sensibilisation, la découverte pour les enfants d'âge primaire, par l'approche ludique et analytique, apprentissage de l'observation, de la description, du tri, de l'identification, du choix, du travail en groupe qui, plus tard, leur permettront de maîtriser leur environnement naturel, artificiel, social et économique... sans sensibilisation, aucune motivation n'est possible !

* la motivation, l'investigation raisonnée pour les enfants ayant l'âge du collège, par l'approche logique, rationnelle et expérimentale, qui les rend maîtres de leurs actions et de l'usage de leurs découvertes et capacités... sans motivation, aucun engagement n'est possible !

* l'engagement citoyen pour les lycéens, les étudiants, les apprentis, les adultes, par l'approche participative et responsable, qui leur permet d'agir directement sur leurs vies, de vivre des expériences existentielles et sociales qui leur apportent des capacités, des compétences nouvelles. Et sans engagement citoyen, aucune évolution, aucune adaptation aux défis du présent et du futur ne sont possibles. Il ne reste alors qu'à subir des changements que l'on ne maîtrise pas.

3)- Une vision d'ensemble. Imaginerait-on une médecine sans généralistes, uniquement avec des spécialistes, férus d'otorhino, d'ophtalmo ou de cardio, mais sans vision d'ensemble de notre santé ? C'est pourtant ainsi que certains imaginent la diffusion de la culture scientifique, naturaliste, technique, agricole ou industrielle : uniquement comme une affaire de spécialistes... physiciens, chimistes, astronomes, géologues, océanographes, botanistes, zoologues, agronomes, ingénieurs... Que nous répondent-ils ? lorsque nous leur disons : "-Nous à Mer Nature, nous sommes des généralistes qui donnons une vision d'ensemble d'un territoire et de tous ses aspects de manière transdisciplinaire car tout sur ce territoire est relié, interactif, et tout dans cet univers et sur notre planète est recyclé : - des rythmes astronomiques aux saisons et au climat, - des roches et des eaux aux sols en passant par l'érosion et la sédimentation, - des sols aux microorganismes, aux champignons, aux végétaux et à la faune, - de la biodiversité et de la biomasse aux usages humains les concernant, - des bassins versants à la mer en passant par le littoral, - du passé au futur en passant par le présent, via les fossiles, les minéraux, les minerais, - des ressources aux techniques et aux industries, - de la nature à la culture et au patrimoine, - des usages à la citoyenneté avec ses institutions, ses droits et ses devoirs..." Ils nous répondent qu'ils "ne saisissent pas le fil directeur de nos actions et la cohérence de l'ensemble" ! C'est comme si vous disiez à votre médecin de famille que vous ne comprenez pas à quoi il sert puisqu'il existe des spécialistes ! Notre fil directeur, notre spécificité sont pourtant clairement revendiqués : c'est de préparer les publics (y compris les professionnels de l'éducation, de la formation et/ou de la gestion d'un territoire) à la transition énergétique, environnementale, économique et sociale qui commence, à un monde sans énergies fossiles faciles, sans gaspillages et où l'innovation devra l'emporter sur la reconduction des vieux modèles hérités des "trente glorieuses", si nous voulons sauvegarder nos acquis sans tensions, crises et guerres. Cela s'appelle l'hygiène des territoires, des équilibres naturels et des sociétés qui en vivent. Et on ne peut pas se préparer à ce défi uniquement par des "focus" sur des actions très ciblées comme la reproduction de l'oursin ou l'éradication de telle ou telle espèce invasive, en ignorant ce qui se passe à côté... La Terre, la vie, le genre humain forment un tout !

4)- Science sans conscience n'est que ruine de l'âme (François Rabelais) et conscience sans science n'est qu'ignorance et superstition (Mer Nature). La science n'a pas pour rôle de fournir une morale. Elle ne fournit que des explications, des connaissances, une méthode et des outils. C'est à chaque citoyen de décider comment il va s'en servir… ou non. Mais au moins, grâce aux connaissances, il a le choix. En retour, les convictions, croyances et traditions peuvent fournir une morale, mais ne sauraient se substituer à la connaissance. C'est aussi différent qu'une partition de musique et un traité de mécanique. La partition crée des émotions, un partage, mais ne saurait permettre de réparer un appareil ; le traité de mécanique permet de comprendre et de réparer l'appareil, mais ne saurait créer des émotions. Mélanger les deux domaines peut être fertile : lorsque science et art dialoguent, naît la science-fiction, la légende urbaine, la littérature moderne, l'illustration scientifique. À condition que le mélange ne se mue pas en confusion et en substitution de l'un à l'autre, en substitution de la fiction à la science ou de la connaissance à la liberté de penser. Confusions et substitutions ne peuvent mener qu'à des déboires, des pertes de libertés et des abus. Le principe qui permet de les éviter, et qui garantit la liberté de conscience, de doute, d'apprentissage et de recherche, s'appelle la laïcité. Ce n'est ni une conviction parmi d'autres, ni un principe purement juridique, mais un fondement de la citoyenneté, des droits humains. L'éthique ne saurait être étrangère au chercheur, de même que la liberté de conscience, de doute et de recherche ne saurait être étrangère à celui qui se préoccupe d'éthique. À travers ses activités, Mer Nature aborde en toute simplicité ces importantes passerelles entre science et citoyenneté, en permettant aux participants d'en découvrir eux-mêmes les enjeux. La science est le socle justificatif des droits humains, basés sur la connaissance des besoins humains, et de la laïcité, qui permet de différencier les convictions basées sur la culture et les mythologies, des connaissances basées sur l’observation, l’expérimentation et la réalisation.

Dans l'éco-citoyenneté, il y a "éco", du grec oikos, la maison, notre maison commune, notre territoire, notre planète... et il y a "citoyenneté" (et non pas "soumission", "servage" ou "esclavage") et c'est en profitant du privilège, difficilement obtenu, d'être citoyens, que nous surmonterons les défis de la transition.

Le programme d'activités "Gaïa", avec ses outils pédagogiques, est un contrepoint scientifiquement argumenté, par les lois de la physique, de la chimie et de la biologie (les seules qui soient inéluctables), aux innombrables formes d'ignorance, de préjugés d'origine médiévale ou antique, voire préhistorique qui gisent en nous, aux confusions tous azimuts qui nous aliènent encore malgré la profusion d'informations et de technologies, et qui nous jettent dans une fuite en avant de surconsommation, de gaspillages et de tentatives têtues de perpétuer les anciens modèles, au risque d'aborder le futur sans préparation, sans anticipation, tentés par l'intolérance et la violence.

Par l'agir ensemble, le dialogue, la découverte et la réflexion, ces activités permettent aux publics de comprendre la démarche d'investigation des chercheurs, la méthode expérimentale, les progrès de la médecine, des sciences de la terre et de la vie, des techniques, et l'adossement scientifique de la notion de "droits et devoirs", de celle de citoyen. Ainsi, en pratiquant eux-mêmes cette démarche, ils apprennent à faire la différence entre la science et la démarche de création artistique ou culturelle qui fait aussi partie du patrimoine commun de tous, mais qui elle, n'a de compte à rendre qu'à l'imagination, pouvant produire des émotions ou une morale, mais non des connaissances vérifiables.

Le "Géobus" peut véhiculer animateurs, collections, expos et outils pédagogiques ("éco-citoyenneté", vivariums, malles “aux petites bêtes”, “mer”, “mare et rivière”, “sol et plantes”, collections d'histoire naturelle à manipuler, jeux et puzzles, observation au microscope, etc...) dans toute la région PACA et au-delà.

Notre spécificité est d'être des généralistes. En sciences comme en médecine, les spécialistes : astronomes, entomologistes, géologues, océanographes, cardiologues, ophtalmologues sont tous nécessaires, mais que serait une médecine sans généralistes ayant une vue d'ensemble de chaque patient ? Ce que sont les sciences sans naturalistes-géographes-historiens généralistes, ayant une vue d'ensemble de chaque territoire dans ses différents aspects naturels, culturels, économiques et sociaux.

Nos salariés sont ces généralistes, mais ils sont épaulés par les spécialistes de notre conseil scientifique grâce auxquels notre domaine d'expertise nous permet d'effectuer des analyses de terrain (vos sols, votre biodiversité, comment les gérer, les jardins d'insertion, aborder l'éco-citoyenneté, l'éducation au développement durable, l'Agenda 21, l'éco-urbanisme, les transports alternatifs, l'éco-construction, l'approche sensorielle pour publics très jeunes ou en difficulté, la scénarisation scientifique et muséologique, le création d'outils et d'expos pédagogiques, les échanges scientifiques et culturels Méditerranée-Mer Noire, l'enseignement et la popularisation de la Géonomie.

Dispositif "Gaïa" 2017-2018